Publiée le 04 Octobre 2013

Iamgold aurait-elle trouvé une solution miracle pour contrer l’absentéisme lié aux problèmes de santé et aux blessures. À voir ce qui se passe à la mine Westwood, on serait tenté de répondre par l’affirmative.

04Oct13

Après quelques discussions sur des points de santé et sécurité, les employés sont invités à consacrer quelques minutes de leur temps à des étirements destinés à réduire le nombre et la fréquence des blessures liées au travail. Patrick Rodrigue

Dans toutes les installations de surface, les travailleurs sont invités à prendre eux-mêmes en charge leur santé et leur sécurité. Cette initiative, le programme MBA (Mind, Body, Achievement), vient s’ajouter aux autres mesures déjà mises en place et assurées par une équipe qui compte pas moins de 11 personnes.

«Mind parce qu’on souhaite que tous nos employés aient constamment en tête l’importance de la sécurité. Body parce qu’il est essentiel qu’ils aient un corps en santé et qui fonctionne bien. Achievement parce qu’on veut que nos employés se dépassent, qu’ils deviennent des leaders en la matière», explique Stéphane Tremblay, surintendant en santé et sécurité à la mine Westwood.

Devenir un réflexe

Inclus dans la planification quotidienne, le programme est divisé en quatre parties. «Les travailleurs commencent par discuter ensemble avec leur superviseur des commentaires touchant des points de sécurité qu’ils peuvent avoir émis la veille sur leur carte de travail. Puis, leur superviseur parle du sujet santé et sécurité de la semaine. Ensuite, il donne des conseils de sécurité sur le travail à accomplir durant le quart. Finalement, tout le groupe fait quelques exercices (voir autre texte). En tout, ça ne demande qu’une douzaine de minutes», détaille Mélanie Bérubé, qui avec Marylin Chartier est en charge du programme MBA.

Les contremaîtres et les autres superviseurs reçoivent également de la formation pour bien les préparer sur l’importance des exercices et pour qu’ils soient capables de répondre aux interrogations des travailleurs.

«On cherche aussi à avoir des leaders chez les travailleurs. De plus en plus se portent d’ailleurs volontaires. C’est très encourageant, car nous voulons que la sécurité devienne un réflexe chez chacun et qu’ils soient autonomes au point de corriger le problème à la source au lieu de seulement le signaler», ajoute Marylin Chartier.

Un programme qui a fait ses preuves

Sans être en mesure de confirmer que la raison en est imputable au MBA, Stéphane Tremblay reconnaît cependant que la mine connaît sa meilleure séquence en santé et sécurité depuis plusieurs années.

«En date du début de septembre, nous avons dépassé le cap des 300 jours sans accident compensable avec perte de temps. De plus, nous n’avons qu’une fréquence de 7,8 accidents totaux, compensables et assignations temporaires confondus, depuis le début de l’année», expose-t-il.

Le MBA favoriserait aussi une meilleure gestion au sein de l’entreprise, assure M. Tremblay. «Grâce au feedback quotidien qu’on reçoit de nos employés, on sait tout de suite ce qui ne va pas et on peut apporter immédiatement des correctifs», fait-il observer.

Pas sous terre… pour le moment

Pour le moment, le MBA n’est proposé qu’aux équipes de surface, à cause de la géographie particulière de la mine. L’objectif à long terme demeure par contre de l’appliquer partout, sur terre comme sous terre.

«Pour le moment, les travailleurs doivent faire 2 km en autobus entre la sècherie et la mine. Comme ils arrivent assez tard sur les lieux de travail, on n’ira pas en plus les retenir ailleurs 15 minutes de plus. Sinon, ça risque de les inciter à tourner les coins ronds une fois rendus sous terre pour rattraper leur production. Et c’est là que risquent de se produire des accidents», évoque Stéphane Tremblay.

Source : Abitibi Express